2013 – Diagonale STRASBOURG – BREST

Synthèse
  Trajet : Strasbourg – Brest

  Délai : 88 h

  Dates : du 3 au 6 Septembre 2013
  Distance : 1130 km
  Dénivelée : 9032 m
  Participants :

Boulvert Jean-Luc (abandon – km 860)

Marzais Christophe

Gauthier Gérard

  Homologation FFCT : 13-159

Aucun album

    Étapes
1 STRASBOURG (67) – LANGRES (52) 250 km 2660 m
2 LANGRES – LOURY (45) 300 km 1829 m
3 LOURY – LA BOUEXIÈRE (35) 310 km 1805 m
4 LA BOUEXIÈRE – BREST (29) 222 km 2738 m

 

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La rince-cochon

 

Lors de mon premier cycle, Brest-Strasbourg m’avait laissé un souvenir mitigé. Durant cette randonnée en solitaire, dans les immensités plates et ventées de la Beauce et de la Brie, l’ennui m’avait parfois gagné. Et le sud de la Champagne, tout aussi désolé, avait fini par me convaincre que sur cette diagonale je serais condamné à pédaler à jamais pour essayer d’atteindre un horizon qui semblait se dérober un peu plus à chaque tour de pédales.

Aussi, en préparant le parcours inverse, entre Rhin et mer d’Iroise, je m’étais juré que plus jamais je n’aurais à m’échiner dans ces contrées si propices à provoquer la neurasthénie.

Pour que la plus horizontale des diagonales soit un régal, il fallait donc tout changer et ne pas hésiter à envoyer  le trio zigzaguer par monts et par vaux, parfois au-delà des limites du fuseau des parcours communs.

Après tout, si Paris vaut bien une messe, Langres mérite bien un détour…

 

1er jour – STRASBOURG (Bas Rhin) – LANGRES (Haute Marne)

250 km – Dénivelée 2660 m


Pour Jean-Luc, c’est une première. Pas vraiment remis d’un lumbago pour lequel il se soigne encore, il appréhende un peu l’étape du jour. Passé Krautergersheim, autoproclamée capitale mondiale de la choucroute, les douleurs semblent déjà oubliées. Le soleil aidant et le vent légèrement portant, je le sens déjà plus confiant : il se persuade qu’en dosant son effort, les trois cols annoncés au menu de la matinée se négocieront sans trop de peine.

À la station du  Hohwald, où nous prenons notre petit déjeuner, il ne reste que quelques tours de manivelles au travers de profondes forêts de sapins pour atteindre le col du Kreutzwerg. Christophe, comme à l’accoutumée, pédale en tête… Je recommande à Jean-Luc ne pas essayer de lui coller au train ! Une descente rapide, puis vient le col de la Charbonnière.  À peine dix heures et déjà deux cols avalés

En attaquant la montée du col du Hanz, je rassure Jean-Luc ; d’après les témoignages pêchés dans la littérature diagonaliste, ce col est insignifiant. Certains de nos illustres prédécesseurs l’auraient franchi sans même s’en même s’en rendre compte. Le trio, digne de nos devanciers passe l’obstacle sans encombre. Et de trois…

Dans mon décompte matinal, j’ai oublié le col de la Chipotte, caché sur le deuxième feuillet du « road book » ; ce n’est pas une raison suffisante pour oublier de le grimper. On ne va quand même pas chipoter pour pareil détail ! Et de quatre…

Le parcours bosselé à souhait, nous a mis en appétit. De crainte de ne rien trouver d’autre sur notre route, nous optons pour le routier de Padoux qui se révèlera être l’unique restaurant entre Rambervillers et Epinal. Là, si nous devons nous accommoder du menu du jour, le choix nous est laissé au moment du fromage :

– « Vous l’aimez plutôt jeune ou plutôt fait ? » nous demande le patron, un vosgien édenté.

Peu portés sur les produits insipides et enclins à la découverte des vraies saveurs du terroir, nous nous risquons pour le « fait ». Mais en fait de « fait » le Munster est mûr, odorant, coulant, tellement avancé qu’il marche tout seul.

Voyant l’effet de son fromage « fait » sur des cyclistes défaits, le patron se déride et  nous raconte que des clients ont parfois manqué de défaillir en essayant la spécialité locale.

A voir son expression et la nôtre, j’ai l’impression de revivre, dans un registre voisin, la scène de dégustation du Schnap’s des « tontons flingueurs », lorsque Bernard Blier parle d’une polonaise qui en buvait au petit déjeuner.

Un Munster de cette origine est un fromage pour les hommes qui ont vécu !

À la sortie d’Epinal, nous nous risquons sur une route où des ouvriers rénovent la chaussée. Après les avoir croisés, nous devons rouler dans l’herbe pour éviter de rester collés par le bitume liquéfié, comme des insectes sur un ruban tue-mouches.

Nous dépassons l’atelier de mise en œuvre et inaugurons le revêtement lisse, encore fumant. La chaleur dégagée par les enrobés, enrichie d’effluves de bitume, ajoute encore à la canicule.

L’atmosphère surchauffée met nos papilles à rude épreuve, mais par chance  le parcours est facile.

À Monthureux sur Saône, dans la supérette, seul commerce ouvert du village, Christophe triomphal, brandit une bière en boite : « Celle-ci est pour toi…».

Sachant que je répugne à boire directement à la canette, il me confectionne un verre en découpant avec l’Opinel le couvercle en aluminium. Les trente cinq degrés aidant, j’écluse le contenu presque d’un trait. Lorsque ma soif est enfin apaisée, je  m’intéresse au brasseur de cette bière belge élégamment nommée « Rince cochon ». Alors, je réalise qu’outre un joli cochon rose sur fond bleu, le contenant affiche cinquante centilitres et huit degrés et demi ! « Damned, je suis fait… »

Pendant l’heure suivante, le breuvage ne semble pas m’affecter outre mesure. Mais à l’approche de Varennes Sur Armance, un passage avec un pourcentage démentiel dans une longue côte déjà relevée, m’oblige à poser pied à terre pour parvenir au sommet malgré toute l’ardeur que je mets à pousser sur les pédales. « Rince-cochon »… peut-être, « Casse-pattes »… sûrement !

Tandis le soleil décline, nous progressons sur des routes étroites, sinuant au travers d’une campagne bucolique. De très loin, on devine la citadelle de Langres qui domine le plateau éponyme. À la tombée du jour, pour atteindre l’hôtel perché au sommet d’une ultime et sévère montée, nous devons encore payer de notre personne, debout sur les pédales, après avoir opté pour le « tout à gauche ».

 

2ème jour –   LANGRES (Haute Marne) – LOURY (Loiret)

300 km – Dénivelée 1829 m


Sur cette diagonale, je me suis évertué à mitonner un itinéraire aux petits oignons. A peine sortis de Langres, la carte routière nous promet une route bordée en continu par un liseré vert, émaillée par endroits de quelques panoramas. Bref, un rêve de cyclotouriste ! Mais à rêver ainsi, j’ai simplement oublié un petit détail : à cette saison le soleil ne se montre guère avant sept heures. De la carte si séduisante, il  ne reste finalement que de nombreux virages et des côtes à un ou deux chevrons, garantis par Michelin. La fraîcheur humide du fond de la vallée de L’Ource, que jamais nous ne verrons, est en prime.

Chatillon sur Seine, nous déjeunons en conversant avec des cyclistes un peu admiratifs de notre escapade entre le ponant alsacien et le couchant breton.

Après une vingtaine de kilomètres, nous quittons la grande route pour des chemins étroits qui se déroulent en sinuosités inexplicables dans une campagne d’abord plate entre Laignes et Nicey, puis un peu plus ondoyante, entre prés et bosquets, jusqu’à Tanlay.

Dans Tonnerre, où par manque de vigilance nous nous sommes égarés, nous hélons un groupe de cyclistes du cru pour leur demander de nous remettre sur le droit chemin. Peine perdue, les champions, nez dans le guidon, ne daignent pas accorder un regard à trois « sacochards » en détresse.

Dans une bosse, nous rattrapons Christophe qui, plus serviable que les champions de Tonnerre, s’est arrêté pour secourir deux femmes en panne avec leur voiture immatriculée au Portugal. Il se propose pour changer la roue crevée. Malheureusement, elles devront faire appel à un garagiste : le cric est resté au Portugal. Je trouve la conductrice assez plaisante à regarder, mais Christophe plus porté sur des silhouettes longilignes cherche à me convaincre qu’en abusant un peu moins de la bacalhau, elle gagnerait encore en charme.

Au sommet de la côte, nous découvrons d’un coup les vignes des coteaux du Chablis qui s’étalent dans les lointains.

Sur le plateau, mu par l’appel irrépressible de l’estomac, l’esthète de service se met en quête de trouver notre pitance puis il disparaît. Lorsque nous le retrouvons à Seignelay, il nous indique le menu et le tarif des deux restaurants entre lesquels il nous donne à choisir. J’opte pour celui qui me semble proposer la bière la plus convenable, critère auquel que mes compagnons de route semblent indifférents.

L’après-midi, pour digérer, nous mangeons du kilomètre dans une campagne monotone qui nous conduit aux portes de la forêt d’Orléans, jusqu’à Loury où nous faisons étape.

 

3ème jour – LOURY (Loiret) – LA BOUEXIÈRE (Ile-et-Vilaine)

310 km – Dénivelée 1805 m


La Beauce ne m’a jamais paru aussi agréable qu’en cette fin de nuit. Comme je ne la vois pas, hormis dans la traversée de gros bourgs tels que Neuville au bois ou Artenay, j’apprécie pour une fois son relief ou plutôt son absence. D’ordinaire sur ces espaces sans fin, c’est le royaume du vent, mais heureusement Eole achève sa nuit en compagnie de Morphée. Alors nous en profitons pour avaler du bitume, c’est toujours autant de pris.

Vers Châteaudun, le jour se lève en même temps que les rideaux du bistrot où nous nous arrêtons pour le petit-déjeuner. Nous devons encore dérouler une trentaine de kilomètres de campagne monotone avant le premier pointage de la journée, à Bazoches sur Gouet.

Jean-Luc, à l’approche de la Sarthe, sa région natale, a maintenant retrouvé toute sa vigueur. En me guidant pour traverser La Ferté Bernard, il me parle de la bosse qui approche, sans que je comprenne vraiment la raison de son inquiétude. Ce n’est ni la première et certainement pas la dernière avant de rallier Brest.

À l’approche du village, je comprends que le lieu n’a pas usurpé son nom, « La Bosse » en est bien une : une montée bien raide suivie d’une descente vertigineuse où le compteur affiche un court moment plus de septante et quelques kilomètres heure (cinquante plus vingt pour ceux qui seraient hermétiques aux idiomes helvète ou wallon)

Cette vitesse peu usuelle en diagonale marque notre entrée en territoire de « Boulveritude » : en sortant de Bonnétable, voici la Charcuterie Boulvert où le tonton préparait des rillettes réputées. Un peu plus loin, c’est Courcemont, fief du menuisier Boulvert. Christophe qui nous a devancé et a bien assimilé les explications de Jean-Luc, n’hésite pas à sonner à la porte du pavillon d’une cousine du sarthois de l’équipe. Lorsque nous arrivons devant la maison, la dame étonnée par la nature du périple est là pour saluer le cousin cycliste.

En arrivant à Ballon, l’enfant du pays prend les choses en main pour nous conduire à bon port chez ses parents où une halte  rafraîchissante et réparatrice est prévue.

La table est dressée. Maman Boulvert, consciente que le temps est compté pour le fiston et ses acolytes, s’affaire. Elle nous a concocté un menu de champions : tomates du jardin d’une saveur rare, poulet de ferme doré à point, purée de pommes de terre du jardin et tarte maison. Christophe, qui ne jure que par la nourriture biologique est ravi.

Papa Boulvert, ne veut pas être en reste dans notre remise en condition. Il nous fait goûter son vin ; mais lorsqu’il nous propose le « petit pousse-café », nous jugeons prudents de nous abstenir.

La pause déjeuner, forcément courte, nous laisse cependant le temps d’échanger un peu sur l’agriculture. Les parents de Jean-Luc témoignent de toutes les évolutions qu’ils ont connues, depuis la charrue à bras jusqu’à la culture et l’élevage intensifs.

En sortant de table, la chaleur nous assaille. Par précaution au cours d’un bref arrêt à Saint Jammes sur Sarthe, je m’enduis de crème solaire et sollicite Jean-Luc pour l’étaler dans les endroits inaccessibles. Il faut dire que dans notre vie professionnelle, nous sommes parfois amenés à  travailler ensemble, alors j’imagine les commentaires des collègues, s’ils assistaient à la scène…

La chaleur étouffante nous oblige à des arrêts répétés pour remplir les bidons. Une fois même j’en oublie d’être décent en me précipitant torse nu, bedaine en avant, vers le cimetière de Torcé en Charnies pour refaire les niveaux. Mais dans ce lieu, à l’heure de la sieste perpétuelle, personne ne vient me chercher querelle.

À Sainte Suzanne, en brisant notre erre, nous nous échouons dans la supérette du village. Avec l’unique cuillère du trio, nous  ingurgitons en un temps record un pot de fromage blanc, avant d’avaler goulûment  chacun un cône de crème glacée.

De nouveau, à Montsûrs, un bar se met en travers de notre route : nos gosiers desséchés réclament leur part, indifférents aux ordres de la feuille de route. Petit à petit, notre avance a fondu. Je lis la fatigue sur le visage de mes coéquipiers, et je ne doute pas qu’à cet instant précis, ils lisent aussi la mienne.

En repartant, Jean-Luc qui jusque là avait bien enduré les difficultés et tenu le rythme vacille un peu : les montées qui se succèdent sans discontinuer jusqu’à Andouillé finissent par l’achever. La chaleur et des développements trop courts pour un tel parcours contribuent à le miner.

Je ne suis guère plus vaillant. Mais tant bien que mal, nous progressons quand même tandis que Christophe essaye de rallier au plus vite Vitré où il a choisi de passer la nuit chez un cousin. Il nous rejoindra demain.

À l’approche de Vitré, le soir tombe. L’air devient enfin respirable. Il nous semble que sur les trente derniers  kilomètres de cette longue étape, le profil s’apaise. Le regain d’énergie qui vient avec la nuit, nous aide à atteindre, non sans peine, le terme de l’étape.

Quand enfin, nous arrivons à La Bouexière, la nuit est maintenant bien noire.

Dans la salle commune de la chambre d’hôtes où nous débarquons, d’autres résidents observent le curieux équipage. Tandis que nous nous délestons de nos attributs guerriers, casques, baudriers et harnachements divers, j’interroge déjà notre hôtesse sur les détails pratiques de notre départ matinal et sur l’opportunité d’en avancer l’heure.

En désignant Jean-Luc, une des dames attablées me rabroue un peu:

– « Vous ne voyez donc pas, que monsieur est fatigué ! ».

 

4ème jour – LA BOUEXIÈRE (Ile-et-Vilaine) – BREST (Finistère)

270 km – Dénivelée 2738 m


Au réveil, Jean-Luc, toujours mal en point, décide de renoncer. La tendinite que le médecin détectera un peu plus tard, prouve qu’il a eu raison. Vouloir outrepasser les limites que permet la condition physique du moment, c’est s’exposer inutilement. Etre diagonaliste, n’oblige pas à devenir galérien. Le plaisir doit rester le but ultime de ces longs périples.

À l’heure dite, je reprends finalement la route en solitaire, en attendant que mon habituel devancier, pour une fois poursuivant, ne revienne me précéder. Dans la fraîcheur matinale, j’apprécie la bruine qui humidifie ma truffe et me tient éveillé. La courte nuit aura été réparatrice.

Au petit jour, je me pose un moment dans un café à Saint Jouan de l’Isle. Tandis que je déjeune avec un sandwich long comme mon avant-bras, Christophe posté aussi dans un bar, à Médréac, à huit kilomètres en arrière, se signale par téléphone. Jugeant mon avance confortable, je m’octroie un second sandwich du même acabit. Je dois prendre des forces, car lorsqu’il m’aura rejoint je sais que la poursuite infernale reprendra.

À Plessala, je me refuse à pointer une fois de plus dans une boulangerie. Certains verront là une preuve d’ostracisme vis-à-vis d’une honorable corporation. Erreur ! Je tiens cette profession en très haute estime : à preuve, mon dernier compagnon de diagonale était boulanger jusqu’à un passé récent.

En pénétrant dans la boutique de l’esthéticienne, d’emblée je la rassure : je ne viens pas pour un ravalement, car à l’impossible nul n’est tenu, d’autant que le temps a fait son œuvre et que le mien est compté. Je veux seulement accomplir mon devoir de diagonaliste, qui pour l’heure consiste à demander un petit coup de tampon.

Bien qu’elle soit bretonne, la dame de beauté me parait fort gironde. Prestement, elle tamponne mon carnet et me gratifie d’un charmant sourire. Finalement, la partie administrative d’une diagonale n’est pas toujours la plus déplaisante.

Vers l’église, Yves Pucher et Francis Swiderek, venus à notre rencontre nous proposent café et biscuits en plus de leur amitié. Dix minutes après, Christophe nous rejoint.

En fin d’après midi, je profite de la lumière déclinante pour photographier l’enclos paroissial de Sizun. Jamais, je n’ai pris le temps de m’y arrêter. Tandis que mon vélo prend la pose, mes jambes se reposent après l’éprouvante descente du roc Trevezel où j’ai du écraser les pédales pour contrer le vent d’ouest.

Une dame s’approche :

– « Il a l’ai bien fatigué votre copain qui est allongé là-bas » dit elle, en me désignant l’endroit.

Et moi qui l’imaginait déjà cavalant vers Brest pour aller se repaître d’un mauvais match, France-Géorgie, dont il n’a cessé de rebattre les oreilles tout  l’après midi…

Avec une demi-heure de décalage, je constate que chacun éprouve le coup de fatigue qui force à poser pied à terre. Christophe, porté sur la diététique s’est contenté d’un couchage spartiate à Sizun ; Moi, incapable d’envisager une pause sans ravitaillement, j’ai fait halte à Huelgoat dans un salon de thé très recommandable pour ses excellentes pâtisseries. « Teatime obliges »

À la nuit tombante, une femme affolée se précipite vers le commissariat de Brest. Il faut croire que le casque et l’air sévère de Christophe, campé bras croisés, font oublier à la dame que le cuissard ne fait pas partie de la dotation en uniformes d’un policier. Mais dans sa panique, elle ne voit que le casque et l’allure martiale de mon coéquipier, qu’elle prend pour le planton en faction devant le commissariat :

– « Je suis mal garée, monsieur l’agent, mais je n’en ai que pour une minute avec vos collègues ! »

– « D’accord, mais faites vite… » répond Christophe, impassible.

Je le réprimande un peu, pour s’être moqué d’une personne perturbée, vraisemblablement à la recherche d’une pharmacie de garde.

La dame toujours aussi affolée ressort presque aussitôt du commissariat. Elle se précipite vers Christophe toujours figé dans la même attitude. Je crois qu’elle va fondre sur lui pour lui reprocher de s’amuser à ses dépens, mais je me trompe.

– « Vous voyez, monsieur l’agent, ce n’était pas long. »

– « Bon, ça va. C’est bon pour cette fois ! ».




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