Sierck les Bains (57)

Synthèse

  Trajet : Saint Amand Montrond (18) - Sierck les Bains (57)

  Départements traversés :

37 - Indre & Loire (hors centrionale)
36 - Indre (hors centrionale)
18 - Cher
58 - Nièvre
89 - Yonne
10 - Aube
52 - Haute Marne
55 - Meuse
54 - Meurthe & Moselle
57 - Moselle
Luxembourg (hors centrionale)

  Participant(s) :

Gérard GAUTHIER

  Dates : Du 12/08/2020 au 15/08/2020

  Dénivelée : 6807 m

  Distance : 728 km

   Étapes
1Tours (37) - Saint Amand Montrond (18)185 km1240 m
2Saint Amand Montrond (18) - Tonnerre (89)194 km1568 m
3Tonnerre (89) - St Mihiel (55)204 km2321 m
4St Mihiel (55) - Sierk les Bains (57) - Esch / Alzette (Luxembourg)145 km1678 m

Une première étape de 185 km entre Tours et Saint Amand Montrond a précédé  cette  Centrionale. Puis, arrivé à Sierk les bains, j’ai continué sur une quarantaine de kilomètres pour rejoindre Esch sur Alzette au Luxembourg, où  j’ai retrouvé des membres de ma famille proche.  

Au final, en exceptant ces deux prolongements, j’ai parcouru 503 km et gravi 5000 m environ pour la Centrionale proprement dite.

Ce texte est une reprise adaptée et complétée d’une première publication sur les réseaux sociaux à l’issue de la randonnée

 

La voie de la Liberté : dans tous les sens du terme !

15 Aout 2020 : je viens de boucler une troisième Centrionale. Elle m’a conduit du Berry aux rives de la Moselle à Sierck les Bains.

Partir vers Sierck en solo a été décidé un peu à la hâte. En programmant cette randonnée, j’ai d’abord voulu vérifier mon aptitude à m’engager sur les prochaines Eurodiagonales (Menton/Bari/Menton) en Septembre avec Michel Mevel.

En effet, j’ai connu une petite défaillance sur la seconde des deux Centrionales enchaînées le mois passé (Fouras et Piriac). Alors que nous randonnions ensemble, sur un parcours pourtant facile dans la Brenne, j’ai été saisi par une sévère fringale en fin de parcours. L’immobilité forcée consécutive au confinement avait sans doute amenuisé mon endurance. Aujourd’hui, me voilà pleinement rassuré !

Esch sur Alzette (Luxembourg) : Après 730 km et 6800 m de dénivelé, j’ai pu enfin alléger ma sacoches de trois lingots d’or qui la lestaient. Lassés d’être secoués, ils ont trouvé asile dans une cache plus douillette où ils pourront goûter à l’hospitalité luxembourgeoise !

Canal du Nivernais (Bassin de la Seine)

J’ignore si l’allègement de ma monture en est la cause, mais moi aussi, ce soir, je me sens très léger et surtout d’attaque pour l’Italie. En outre, cette balade magnifique m’a permis de découvrir à un rythme tranquille et avec des conditions météorologiques très favorables la route des vins de Champagne dans l’Aube, la vallée de l’Yonne, les tronçons nord-est du canal du Nivernais et la belle campagne lorraine.

À tous, je recommande les Centrionales. Leur rythme moins soutenu que celui des diagonales permet de s’imprégner de notre beau pays et avantage non négligeable, elles sont encore pour un temps à la portée de mes jambes de demi-vieux.

Cheminer sur ces territoires un peu à l’écart de tout, que certains géographes désignent parfois « la Diagonale du vide » a été un vrai plaisir, celui de retrouver une certaine authenticité.

En traversant ces villages oubliés et ces bourgades en sommeil, j’ai pu constater que la France photogénique mise en valeur par les drones, telle que la rêve Stéphane Bern n’existe qu’en de rares endroits. Le plus souvent, celle que le randonneur découvre ressemble d’avantage aux images de Depardon. Pourtant cette France des villages déserts, avec ses maisons à vendre et ses commerces aux rideaux définitivement baissés reste en maints endroits étonnamment belle et surprenante. 

Cette Centrionale a été aussi l’occasion de quelques belles rencontres :

À Trémont-sur-Saulx, un facteur à peine rentré de sa tournée, après avoir rempli ma gourde m’apporte une canette bien fraiche, histoire d’engager et de faire durer la conversation. Le soir, à l’étape de Saint-Mihiel, dans la Meuse, je goûte à l’humour de mon hôtesse d’un soir, une vieille dame pétillante aussi charmante que sa demeure du XVIII° siècle.

 

Le lendemain, c’est un  échange un peu surréaliste avec des aérostiers. Du coté de Hannonville-Suzemont , leur montgolfière surplombe la « voie de la Liberté » au moment même où un centrionaliste y chemine. Pour répondre au salut que je leur adresse, ils actionnent brièvement à plusieurs reprises le bruleur en me faisant des signes du haut de leur nacelle.

 

 

Enfin, ce matin, c’est une cette rencontre improbable avec deux cyclistes venant dans le sens opposé. Comme eux, je tente et réussis à franchir une brèche d’une quinzaine de mètres ouverte par un chantier qui a fait complètement disparaitre la chaussée. Comme la guerre est depuis longtemps terminée et qu’aucun des  trois ne manifeste d’intentions belliqueuses, spontanément nous nous entraidons pour faire traverser nos montures. Autre temps, autres mœurs, dans cette tranchée de la Meuse, plutôt que de nous canarder, nous fraternisons.

Si aucun évènement notable n’est venu marquer cette avancée vers la Lorraine, en revanche elle a souvent été ponctuée d’intermèdes plaisants et c’est après tout l’essentiel. Certains imaginent que l’Est est une région triste où on ne trouve que des casernes, des cimetières militaires ou des vestiges industriels ; venez ici et vous verrez à quel point ceux qui ont en tête pareil cliché se méprennent .

Alors si je peux me permettre, si l’ennui vous guette, enfourchez votre monture et « centrionalisez », c’est du bonheur garanti !




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